GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE
/ Les Rites
Six Rites sont pratiqués à la Grande Loge Indépendante de France
Rite Français
Appelé également Rite Moderne, est constitué par le Grand Orient de France 1783-1786. Publié en 1801, il véhicule les plus anciennes traditions rituelles de la Maçonnerie spéculative.
Rite Ecossais Rectifié (R.E.R.)
Le Rite Écossais Rectifié est une doctrine maçonnique traditionnelle qui s’inscrit dans l’histoire intellectuelle et spirituelle de la fin du XVIIIème siècle, période où se confrontent le rationalisme émergeant et la quête de transcendance.
C’est dans ce contexte particulier où certaines pratiques maçonniques sont jugées trop intellectuelles et peu spirituelles, que nait sous l’impulsion de Jean-Baptiste Willermoz figure majeure de la Maçonnerie lyonnaise, le Rite Ecossais Rectifié, qui avait donc pour volonté, la « rectification » de la Franc Maçonnerie de son époque.
Formalisé lors du Convent des Gaules de 1778 puis confirmé au Convent de Wilhelmsbad de 1782, la structure du rite n’a pas changé. Elle propose une architecture en deux classes :
➢ Une classe symbolique en quatre grades, Apprenti, Compagnon, Maître, Maître de Saint André, ritualisée et centrée sur un travail intérieur, le silence et la progression morale.
➢ Une classe chevaleresque, Ecuyer Novice, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, finalité du rite qui prend alors la forme d’une chevalerie spirituelle dont la charité, l’humilité et le service sont le fondement.
Donner à la pratique maçonnique une profondeur spirituelle est et reste encore le but du Rite Écossais Rectifié. Il emprunte clairement une orientation assumée d’une maçonnerie chrétienne et intériorisée. La tradition chrétienne irrigue en effet tout le rite mais n’exprime pas de dogme et propose à la place une expérience singulière : le vécu du mystère.
Le Rite Écossais Rectifié est un rite explicitement chrétien. Il repose sur la croyance en Dieu et s’inscrit dans une vision de l’homme marquée par la chute et la réintégration. Pour le Franc Maçon rectifié, la finalité du travail maçonnique, n’est pas seulement moral, mais profondément spirituel : il s’agit véritablement de transformer l’homme dans son être intérieur.
Non pas de devenir un être parfait, mais un être qui agit avec droiture malgré ses failles, et oriente sa vie vers le bien, la charité et la fidélité à l’idéal chrétien. Tel est le sens de la « rectification » que prône le Rite Écossais Rectifié.
Rectifier, c’est se redresser. C’est essayer, jour après jour, d’aligner ses pensées, ses paroles et ses actes avec ce que l’on estime juste. La figure du Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte incarne cet idéal mystique : un être transfiguré par le service, qui combat non par l’épée extérieure, mais par l’amour, le renoncement et la fidélité.
Ainsi, le Rite Écossais Rectifié propose à ceux qui sauront l’embrasser, une voie initiatique singulière, où le cherchant est conduit sur une voie étroite, cachée aux regards profanes, où tout avancement n'est mesurable ni au temps ni aux titres, mais à la profondeur de son être intérieur. Et ceux qui persévèreront dans cette voie, sauront découvrir ainsi que la rectification ultime n’est pas une conquête, mais une réintégration : le retour de l’âme à la Paix, dans une Présence retrouvée.
Rite Emulation
Le Rite Anglais style Emulation est constitué par la Grande Loge Unie d’Angleterre entre 1813 et 1816. Il est enseigné chaque vendredi d'octobre à juin à Freemasons' Hall à Londres, depuis 1823, par Emulation Lodge of Improvement (ELOI).
Rite Standard d'Ecosse
C’est en 1986 que ce Rite, purement « Ecossais » est introduit en France et traduit par l’abbé J.C. Desbrosse et Michel Cosse au sein de la GLNF. Il est le Rite officiel de la Grande Loge d’Ecosse, un tronc commun au-delà de toutes les nuances propres à chaque Loge écossaise, gardant en cela leurs particularités ancestrales et traditionnelles pour les Loges les plus anciennes (16ème et 17ème siècles). C’est un Rite issu du plus ancien rite connu, le Mot du Maçon.
C’est un Rite joyeux mais aussi d’une grande rigueur. Joyeux par ses décors (le tartan Royal Steward), par la présence de musique, par l’accueil réservé tant aux visiteurs qu’aux profanes. D’une grande rigueur par le travail demandé et l’implication nécessaire pour une bonne pratique. En effet chaque officier de la Loge et au-delà, chacun des frères présents, participent tous au déroulement des cérémonies. De plus le rituel se pratique par cœur mais en toute compréhension et donc avec le cœur. Il est plus enclin à une morale mais aussi à du symbolisme, plutôt qu’à l’ésotérisme ou l’hermétisme du fait même de ses origines historiques et géographiques.
Les degrés se gravissent assez rapidement comme en Ecosse où l’on était initié en automne, passé compagnon en hiver, élevé au printemps. Puis en mai on demandait au maçon de présenter sa Marque, degré faisant partie intégrante du Craft (le Métier). C’est la connaissance du rituel qui façonne le maçon aidé par ses frères.
Les maçons du Rite Standard d’Ecosse travaillent sur le Niveau en faisant preuve d’une grande solidarité et d’une entraide, tradition issue de l’aspect mutualiste des maçons opératifs du Moyen Age.
Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA)
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté est un rite initiatique, spirituel, ésotérique, symbolique, traditionnel et humaniste.
- Un rite initiatique est la quête de connaissance de soi par un travail d’introspection, visant la réalisation spirituelle, par le vécu individuel et en communauté, d’une pratique codifiée.
- Il aspire au perfectionnement individuel, et à travers lui à l’amélioration de l’humanité tout entière.
- Il interdit en son sein toute discussion politique ou religieuse.
- C’est un rite traditionnel fondé sur un héritage complexe de textes de traditions spirituelles et philosophiques multiples.
- Il professe une puissance transcendantale à l’œuvre, qu’il désigne comme le Grand Architecte De L’Univers, afin de le distinguer de toute dénomination confessionnelle. Les membres des Loges peuvent embrasser une foi religieuse en dehors d’elles. Les engagements vis-à-vis de la Loge et de la Grande Loge Indépendante de France à laquelle nous adhérons sont pris sur l’un des livres sacrés, la Bible, généralement, souvent ouverte au prologue ésotérique de Jean .
Les fondements du Rite Ecossais Ancien et Accepté sont:
- Les Landmarks, règles ancestrales de la Maçonnerie.
- Les constitutions et règlements de 1762 de Berlin et Paris.
- Les grandes constitutions de 1786, dites de Bordeaux.
C’est un rite en 33 degrés qui s’acquièrent degré par degré lors d’une progression lente.
Les trois premiers degrés sont gérés par des “Grandes Loges” qui respectent la souveraineté des Loges comme la nôtre qui, elles, confèrent les degrés d’Apprenti, Compagnon et Maître Maçon. Ces trois degrés se suffisent à eux-mêmes pour être un véritable Maçon.
Les autres degrés sont de la responsabilité de « Juridictions », appelés Suprêmes Conseils qui forment des “Ordres”
Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté:
En 1762, Etienne Morin quitte définitivement sa loge bordelaise « des Élus Parfaits » pour s’établir à Saint-Domingue où il avait antérieurement créé une loge. Il y collabore avec Henry Andrew Francken. A Charleston, vieux foyer maçonnique, l’influence de Morin et de Francken s’opère jusqu’à la métamorphose de « l’Ordre du Royal Secret » en « Rite Ecossais Ancien et Accepté ». En 1801 naissait le Suprême Conseil du 33ème degré pour les Etats-Unis d’Amérique. Parmi ses membres, en 1802, on trouve le Comte de Grasse-Tilly (1765-1845).
Le Suprême Conseil du 33ème degré en France est créé en 1804. De Grasse-Tilly en est le Souverain Grand Commandeur. Les “loges écossaises” de Paris constituent une « Grande Loge Générale Écossaise du Rite ancien et accepté ». Le 26 août 1815, le Suprême Conseil du 33ème degré pour la France annonce par circulaire « qu’il vient de consacrer définitivement l’indépendance du Rite Écossais Ancien et Accepté ».
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté en 7 principes:
- La proclamation d’un principe créateur sous le nom de Grand Architecte de l’Univers
- L’invocation et la glorification du G.A.D.L.U, symbole transcendant, et dont l’interprétation est du seul ressort et de la liberté de conscience de chacun,
- La présence dans les Ateliers du Volume de la Loi Sacrée (Bible ou autre)
- La référence aux plus anciennes pratiques initiatiques.
- La référence aux textes maçonniques fondateurs ( Landmarks et constitutions ) tels ceux adoptés par tous les Suprêmes Conseils du monde,
- Le respect de la démarche initiatique et la progression de degré en degré,
- L’amélioration et le perfectionnement de chaque adepte en vue de l’amélioration de l’humanité tout entière.
Rite d'York
Le Rite d’York s’inscrit dans les racines les plus anciennes de la Franc-Maçonnerie.
Contrairement à une idée reçue il ne tire pas son nom de la ville d’York, en Angleterre, lieu éminemment symbolique où la tradition situe l’une des premières formes d’organisation structurée de la maçonnerie opérative.
Au fil des siècles, alors que les grandes constructions s’achèvent et que les loges opératives déclinent, ces principes ne disparaissent pas, mais se transforment. Au début du XVIIIᵉ siècle, avec la naissance officielle de la Franc-Maçonnerie spéculative et la création de la Grande Loge de Londres en 1717, une nouvelle étape s’ouvre. Dans ce contexte de structuration et d’expansion, la tradition d’York demeure une référence essentielle pour les Frères attachés à la fidélité aux usages anciens, à la sobriété rituelle et à l’héritage des Antients. L'introduction de cette appellation d'York est liée à l'expansion de la Grande Loge des Antients au XVIII° siècle et cette référence a été défendue par Laurence Dermott dans le sens d'une origine mythique d'une maçonnerie de pure tradition, adhérente aux plus anciens us et coutumes maçonniques.
Le fondement essentiel du Rite d'York est le volume de la Sainte Loi, qui est la Bible, et plus particulièrement l'Ancien Testament. Par le biais des anciennes confréries, il est vraisemblable que les Maçons ne sachant ni lire ni écrire, travaillant sur des chantiers imprégnés de religiosité, recevaient un enseignement basé sur l'étude de la Bible et de l'économie du sacré. Toutes les références des trois premiers degrés proviennent de l'Ancien Testament, et l'ouverture de la Bible se fait à chaque degré à un verset différent directement en rapport avec la cérémonie d'initiation, de passage ou d'élévation correspondante : Psaume 133 au 1er degré, Amos au 2ème degré, Ecclésiaste au 3ème degré, Livre des Rois en conseil de Maîtres installés.
C’est à partir de cette filiation que le Rite d’York se développe principalement dans le monde anglo-saxon. En Angleterre d’abord, puis au 18eme siècle surtout en Amérique du Nord, grâce aux loges militaires irlandaises, il se diffuse largement dans les nouveaux Etats indépendants américains et se structure durablement. Il y conserve un attachement marqué à la tradition des Antients, à la Loi morale et à une progression initiatique claire, où la transmission symbolique reste volontairement dépouillée, afin de privilégier le travail intérieur.
Depuis le monde anglo-saxon, le Rite d’York gagne progressivement le continent européen. Son arrivée en France s’effectue de manière plus tardive et plus discrète que celle d’autres rites. Elle se fait par le biais de contacts avec des loges anglaises et américaines, mais aussi par l’initiative de Frères français désireux de renouer avec une maçonnerie plus traditionnelle, fidèle à l’esprit des origines et à l’enseignement des Antients.
En France, le Rite d’York s’inscrit ainsi dans une démarche de retour aux sources. Il attire des Frères en quête de simplicité rituelle, de profondeur symbolique et de cohérence entre le travail en Loge et la vie profane. Son implantation demeure mesurée, mais elle témoigne d’une volonté affirmée de préserver une Franc-Maçonnerie centrée sur l’homme, la morale et la transformation intérieure.
Enfin, le Rite d’York nous enseigne que le travail entrepris en Loge ne saurait s’arrêter à la fermeture des travaux. Héritier direct des Anciens Devoirs, il appelle chaque Franc-Maçon à incarner, dans sa vie profane, les valeurs immuables de la Tradition : la droiture, la fraternité, le sens du devoir et la fidélité à la Loi morale.
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